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samedi, 27 janvier 2007

La Soudure

    medium_limaille1.jpgSomme toute, le contenu intérieur de l'homme est analogue à un vase rempli de limaille à l'état de mélange par action mécanique. Si bien que tout choc subi par ce vase provoque un déplacement des parcelles de limaille. C'est ainsi que la vie réelle échappe à l'être humain, du fait du changement constant de sa vie intérieure.

    Cependant, comme nous le verrons plus tard, cette situation insensée et dangereuse peut être modifiée de manière favorable. Mais cela demande du travail, des efforts conscients et soutenus. L'introspection poursuivie inlassablement a pour conséquence une sensibilisation intérieure. A son tour, cette sensibilisation intensifie l'amplitude et la fréquence des mouvements lors du déplacement des parcelles de limaille. Ainsi, les chocs auparavant inaperçus provoqueront désormais de vives réactions. Ces mouvements, par leur amplification continue, pourront entraîner entre les parcelles de limaille un frottement d'une telle intensité qu'un jour on pourra sentir le feu intérieur s'allumer en soi.

    Mais il ne faut pas que ce soit une simple flambée. Et il ne suffit pas non plus que le feu couve sous les cendres. Un feu vif, ardent, une fois allumé, doit être soigneusement entretenu par la volonté d'affiner et de cultiver la sensibilité.
medium_limaille3.jpg
    S'il en est ainsi, notre état peut changer : la chaleur de la flamme pourra provoquer en nous la soudure.

    Désormais, le contenu intérieur ne formera plus un amas de parcelles de limaille ; il formera bloc. Les chocs subis ne pourront plus provoquer en l'homme, comme auparavant, un changement intérieur. Parvenu à ce point, il aura acquis la fermeté et demeurera lui-même au milieu des tempêtes auxquelles la vie pourra l'exposer.

Boris Mouravieff (Gnôsis, Tome I, chapitre 1)

Commentaires

Oui, tel est l'état du Monakhos..

Ecrit par : Phène | samedi, 27 janvier 2007

Curieux.

Ecrit par : profdisaster | samedi, 27 janvier 2007

C'est une belle image en tout cas.
Je te remercie Arianil et bon dimanche.

Ecrit par : elisabeth | dimanche, 28 janvier 2007

Ce texte me parle énormément. Il me donne du courage pour réouvrir le "laboratoire". Je pense peut-être un peu rapidement mais il me semble que l'on peut comparer la première phase à celle du travail de l'alchimie(spirituelle) et l'aboutissement à la Pierre. Je crois cependant qu'il ne faut pas trop se solidifier car les alchimistes parlaient de "leur Pierre" comme d'une "Pierre vivante".

Ecrit par : ariaga | dimanche, 28 janvier 2007

Oui, Ariaga, telle est la limite de cette métaphore de la soudure : on visualise un état figé, inerte et dur. D'autre part, cette description de l'état d'une personnalité unifiée n'est que le début du processus. Mais c'est déjà beaucoup pour la plupart d'entre nous ! Il y a aussi une ambiguïté qui me gêne : la même description peut aussi bien décrire une soudure de type magique-occulte ou psychique-thérapeutique, qu'une transfiguration spirituelle sous l'effet du soleil de l'âme (du Christ pour les Chrétiens). Tout dépend de l'origine du feu intérieur, car tous les feux ne produisent pas la même fusion, et l'usage que nous faisons de cette unité réalisée dépend en partie du feu initiateur.

Ecrit par : Arianil | dimanche, 28 janvier 2007

Dangereux... Car il s'agit içi de devenir SOLIDE. Or il y a une autre vois, exactement inverse qui consiste à devenir liquide. Plus sensible, plus vulnérable, plus souple.
Le danger de votre personnage ci-dessus, c'est qu'à sa mort, devenu dense, il ne partira pas bien. Très dangereuse croyez-moi est le voie du surhomme...

Ecrit par : joruri | dimanche, 28 janvier 2007

Joruri, je vous reçois 5 sur 5, et votre mise en garde rejoint en partie mon interrogation. Cet aspect du problème ne m'était pas apparu lors de la première lecture de Gnôsis. Il faudrait que je prenne le temps de relire intégralement tous les premiers chapitres pour vérifier s'il s'agit bien d'une voie de cristallisation homogène de la personnalité.

Ecrit par : Arianil | dimanche, 28 janvier 2007

Quelle belle métaphore nous propose Boris Mouravieff (que je ne connaissais pas) ! "Il formera bloc" c'est-à-dire qu'il aura acquis force et "fermeté" face aux émotions. Je n'y ai pas vu, comme le souligne Joruri, un aspect solide comme l'est la matiere, mais je le rejoins totalement quand il parle de devenir liquide. Oui, être fluide et léger.
Merci pour ce partage, Arianil.

Ecrit par : Cristal | mardi, 30 janvier 2007

Je dois vous remercier de ce que vous tenez compte de ma remarque, j'ai crains qu'elle ne fusse trop péremptoire...

Ecrit par : joruri | mardi, 30 janvier 2007

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