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lundi, 04 décembre 2006

Numérologie et alphabet

    Relisant un livre traitant de cabale, je me souviens de l'usage populaire et commercial qui est fait de la correspondance entre les lettres et les nombres. En référence à l'alphabet hébreu/phénicien qui donnait à chaque lettre  une signification matérielle et spirituelle, ainsi qu'une valeur numérale hautement symbolique, les numérologues occidentaux modernes ont voulu adapter la technique à l'alphabet latin actuel. C'est ainsi qu'ils utilisent une numérologie récursive à neuf nombres.

    Malheureusement, cette pratique oublie que notre alphabet n'est pas un alphabet sacré, qu'il est le fruit de changements, d'évolutions et d'adaptations diverses des peuples européens à partir de l'alphabet sacré initial. Hormis l'alphabet nordique des Runes, qui reprenant l'alphabet sémitique, l'adapte au point d'en faire une représentation des constellations du ciel boréal, lui redonnant avec pertinence une symbolique céleste, les tentatives actuelles sont évidemment vouées à n'être que des farces lucratives. Il n'y a plus de fondement traditionnel dans les équivalences proposées. Si un nombre était associé à une lettre, c'est que le son (le pouvoir du verbe) évoqué par cette lettre entrait en résonance avec un archétype, que le nombre exprime aussi à sa manière.

    En étudiant les évolutions qui ont conduit à l'existence de notre alphabet de 26 lettres, je propose de reclasser ces lettres selon leur origine, ce qui permet de retrouver une équivalence numérale plus proche de la source. Cette "proximité" demeure évidemment relative, puisque les lettres n'appellent pas toujours la même prononciation d'une langue à l'autre, et qu'au sein d'une même langue, l'écriture n'est pas phonétique (il faudrait par exemple que oiseau s'écrive wazo).

1 (unité, maîtrise) : A, I, J, Q

2 (dualité, complémentarité, association) : B, K, R

3 (trinité, produit de la rencontre, sociabilité) : C, G, L, S

4 (les 4 éléments, les points cardinaux, la matière, la réalisation) : D, M, T

5 (quintessence, force vitale, mouvement, changement) : E, N

6 (accord, harmonie, beauté, équilibre) : F, U, V, W, X, Y

7 (réflexion, conscience et connaissance) : O, Z

8 (infini, expansion, multiplicité, pouvoir et puissance matérielle) : H, P

9 (éternité, perfection, vérité, inspiration, altruisme) : aucune lettre ne correspond au TH ou au TS requis pour ce nombre. Le signe que notre alphabet est coupé de la transcendance ?...

Arianil

Commentaires

Bonsoir Arianil et vous tous,
Très interessant ton écrit. J'ai étudier les chiffres, les lettres. Tu as raison.
En exemple : le A
A est le la première lettre du mot aleph,qui dans les langues sémitiques et en hébreu, signifie taureau ou boeuf.

Sens originaire : Energie primordiale.
Sens dérivés: Force, être humain, être vivant, homme, possibilité, commencement
Sens asquis et mémorisés par la langue hébraique : boeuf, prince, enseigner, 1000
Valeur numérique : 1
Lettre occidentale correspondante : Le aleph devient alpha en grec et le A de nos langues euroopéennes occidentales. L'idée du taureau s'est transmise jusqu'à nos jours par la marque des cornes qui n'a jamais disparu dans l'évolution de la lettre.

Bien sur je ne vais pas vous tracer toutes les lettres et leurs valeurs, mais effectivement il y a à dire.

J'ai le 10 bien sur si vous voulez savoir.

Bien à toi, bien à vous, Marie Christine

Ecrit par : Marie Christine | lundi, 04 décembre 2006

Hou lala! De bonne heure le matin, c'est un peu fort pour moi. J'aimerais bien pouvoir me remettre sous la couette pour méditer sur tout cela. En particulier le 9. Cela ne m'étonnerais pas que notre alphabet soit coupé de la transcendance. En tous cas ta recherche me semble tout à fait passionnante.

Ecrit par : ariaga | mardi, 05 décembre 2006

C'est fort intéressant.
Que dit alors la numérologies quant aux différences numériques entre deux mots pour la même idée (chose) dans deux langues différentes ?

Autrement dit, ton /wazo/ est mon /bird/...

wazo = 20 = 2

bird = 9

Mon bird est perfection, le tien oiseau est dualité.

?

Ecrit par : joye | mardi, 05 décembre 2006

Interessant.

Pourrais-tu developper ?

Ecrit par : Thierry Manrique | mardi, 05 décembre 2006

Marie-Christine : en effet, la lettre A vient du signe du taureau. Il se trouve que la lettre a été renversée et le taureau a donc la tête à l'envers. Hypothèse perso (mais d'autres la partagent probablement) : si la lettre A commence l'alphabet phénicien et tous ceux qui en dérivent, on pourrait faire remonter la naissance de l'écriture alphabétique à une époque où le dieu principal avait tête de taureau (dieu originel associé à la grande Déesse). Astrologiquement, il faudrait le situer dans l'ère du taureau, c'est-à-dire qu'en raison de la précession des équinoxes, le premier jour du printemps coïncidait avec la constellation du taureau, et plus particulièrement l'étoile Aldébaran. Ce Taureau primordial mériterait une note à lui tout seul !...

Joye : Le mieux, si on joue à comparer le même mot dans différentes langues, est encore de conserver l'orthographe propre à la langue, puisqu'il n'y a pas d'usage phonétique homogène entre elles (bird s'écrirait beurd en français). Les lettres sont avant tout destinées à la vue. Sauf si nous subvocalisons en lisant, le cerveau peut directement traduire les signes lus en mots-idées, sans passer par le son. Cette aptitude, à mon avis, n'était pas aussi développée dans l'antiquité, où les cultures se transmettaient oralement (importance de la diction poétique, qui aide la mémorisation).
Quant à notre oiseau, si je prends mes valeurs numérales, il donne 23 = 5 en version française. C'est l'aspect vivant, mobile, insaisissable qui serait ici retenu.
En italien c'est uccello, soit 30 = 3 : c'est le Saint-Esprit sous forme d'une colombe (sans doute l'effet du Vatican !)
En allemand, c'est Vogel (et les français de répondre : les mouettes !) ce qui donne 24 = 6. Ach ! les cholis soizeaux ! :-)

Thierry : Je souhaitais juste par cette note interpeller un éventuel lecteur numérologue pour comprendre comment il peut justifier le système habituellement utilisé. Je ne prétends pas offrir de solution, n'ayant pas la clairvoyance requise pour reconstruire un alphabet sacré opérationnel sur la base de notre langue actuelle...

Ecrit par : Arianil | mardi, 05 décembre 2006

Bonsoir Arianil et vous tous,
Merci d'avoir complété mon écrit. Je vois que nous avons encore beaucoup de choses à découvrir.
Bonne soirée à toi et à vous tous
Marie Christine

Ecrit par : Marie Christine | mercredi, 06 décembre 2006

Merci pour toutes ces explications. Je vais relire car c'est assez compliqué tout ça...
BONNE JOURNEE.

Ecrit par : elisabeth | jeudi, 07 décembre 2006

J'ai trouvé très intéressante ta recherche sur l'alphabet. Du coup je me suis replongée dans le Sépher Yetsirah. Cela m'a beaucoup perturbée car je me suis rendue compte que j'avais, de puis plusieurs années, laissé en friche une partie importante de la culture spirituelle Et pourtant j'ai une superbe représentation des séphiroth, juste devant mon nez à mon bureau. De longues et douloureuses méditations sur ce texte pourtant bref ne m'ont conduite qu'à la constatation de mes insuffisances... Je vais lire et relire. Et puis il me reste Jung, l'alchimie et la poésie. Tout n'est pas perdu !

Ecrit par : ariaga | jeudi, 07 décembre 2006

« Je souhaitais juste par cette note interpeller un éventuel lecteur numérologue pour comprendre comment il peut justifier le système habituellement utilisé. »

Je ne suis pas numérologue mais m'y suis un temps intéressé d'assez près.

Il ne faut pas tenter d'expliquer des phénomènes ou des approches non-rationnelles par le rationalisme, c'est un non-sens, on bascule dans l'absurde et c'est ce qui arrive à la plupart des « parapsychologues ».
Alors on va parler clairement (j'espère) et dire que « le monde » n’existe pas (qu’il est une émanation, par ex., si on cause le néoplatonicien), qu’il n’est qu’une somme de signes (et chacun de nous le Petit Poucet qui s’est semé tous ces cailloux) déchiffrables par chacun pour la remontée vers l’Être (mais il ne faut pas tomber dans la dinguerie non plus…).
Ce qui compte, c’est la cohérence de chaque système d’approche, il n’y a pas d’absolu dans ce domaine (même si « La Tradition » est la référence ultime, on croit savoir qu’elle est à peu près dissoute en cette fin de kali yuga – chacun se démerde comme il peut, pour paraphraser Évola).

Ecrit par : Tyrol | mardi, 12 décembre 2006

Merci Tyrol pour cette réponse ma foi assez convaincante. En tout cas pour moi aisée à intégrer. Notre vie à chaque instant est peuplée de signaux, dont une petite partie accède à notre conscience et dont certains font signes, selon notre génétique, ce que nous sommes et les systèmes de décodages que nous adoptons. Un art divinatoire est une forme stylisée, ritualisée, d'une rencontre des symboles théoriquement illimitée. Si l'outil peut nous être utile à un moment donné, pourquoi pas, même si ce n'est pas "rationnel" ?

Ecrit par : Arianil | mardi, 12 décembre 2006

Tout à fait raison, Arianil, peut importe le support (géomancie, tarot, runes, méditation etc) s'il nous permet de passer la barrière du conscient pour accéder aux grandes archives de l'inconscient collectif. Par exemple, c'est vrai, hier soir, je suis "partie"en méditation et j'ai entendu une voix d'enfant (pourquoi d'enfant, mystère) qui me disait "tu écris trop". Dans ce genre de cas je ne cherche pas à savoir d'où ça vient et aujourd'hui je suis allée voir la mer et je n'ai rien écrit."

Ecrit par : ariaga | mardi, 12 décembre 2006

La numérologie actuelle est en réalité une « numérologie de salon ». Elle ne repose sur aucun fondement, n’est pas une science et n’a aucun rapport avec le fameux Pythagore que tous les auteurs appellent à la rescousse.
Avant guerre, en France, une certaine numérologie, dérivée de la cabale, de l’astrologie et du Tarot, était très en vogue, profitant de l’intérêt pour le Nombre d’or, le cubisme et le surréalisme. De nombreux artistes fréquentaient assidûment les numérologues : Cocteau, Jean Marais, Maurice Chevalier et bien d’autres célébrités de la politique, du cinéma et du théâtre. Edith Piaf, entre autres, demanda à un de ces spécialistes de « choisir » le prénom de son enfant.
Après guerre, la mode était passée, l’astrologie reprenait le dessus. Seul, un français d’Algérie, Robert Markab, continuait ses travaux numérologiques, entrepris avant-guerre, mais il ne trouva plus d’éditeurs pour ses écrits. La numérologie française était bien morte.
En 1975, coup de tonnerre dans le rayon « ésotérisme » des librairies : « La vie secrète des chiffres » de Kevin Quinn Avery. C’est la naissance d’une nouvelle numérologie, une numérologie qui se libère de l’astrologie et du tarot, et qui ajoute un volet prédictif en introduisant les cycles calculés à partir de la date de naissance. A la même époque, des Français, prétendant avoir reçu des cours de K.Q.Avery en Amérique, ouvrent à Paris, des cabinets de consultation, écrivent des livres « grand public » et courent les foires de l’ésotérisme. Le plus tonitruant fut sûrement Richard Bennett, impresario de Nicoletta. On le voyait partout : à la Porte de Versailles, au « Salon Parapsy », sur FR3, qui diffusait une série d’émissions sur la symbolique des chiffres, sur France Inter, dans une émission de José Arthur. Mais le plus malin, ce fut assurément Jean-Daniel Fermier, qui prévoyant la montée de la numérologie, écrivit l’ « ABC de la numérologie », qui fut un immense succès de librairie. On était dans les années 80, tout le monde pris le train en marche : les astrologues faisaient de l’astro-numérologie, les tarologues, des tarots numérologiques, et les voyants, de la voyance numérologique. Je vis même un « Y-king numérologique » !!!. Bref, c’était un foutoire monstre, alimenté par les hebdomadaires, les radios et la télévision. Même le très sérieux « France-Culture » fit une émission de deux heures sur le sujet !
Michel Darras.
http://www.numerologue.net

Ecrit par : Michel DARRAS | vendredi, 22 décembre 2006

Très intéressant !

Ecrit par : Domie | vendredi, 22 décembre 2006

Merci Michel pour ce résumé historique et pour la découverte de votre blog, qui me donne envie d'être exploré.

Ecrit par : Arianil | dimanche, 24 décembre 2006

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